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Le Goût des mots de Françoise Héritier, aux éditions Odile Jacob

Les NOEMES - Club littéraire

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22/08/2020

Chaque mardi et samedi, le club littéraire des NOEMES se propose de piquer votre curiosité autour d'un ouvrage, écrit par l'une des plumes de notre réseau, mais pas que...


Le Goût des mots de Françoise Héritier, aux éditions Odile Jacob


Premier Roman Ouvrage AlumnusNouvelleAutre


Un livre écrit par une philosophe qui ne se prend pas pour une philosophe et qui nous fait découvrir le sens (et donc le goût) de chaque mot que nous utilisons dans la langue française. Françoise Héritier nous fait prendre du recul par rapport au langage et nous demande de faire travailler notre esprit pour bien comprendre comment la construction de chaque mot et sa prononciation ont une incidence sur l’acception que nous en faisons : elle mélange les couleurs associés au mots, les images qu’elles suggèrent, leur sonorité, et donc la saveur qu’ils ont pour chacun d’entre nous. Françoise Héritier nous fait aussi jouer avec les mots au travers de quelques exercices dont elle donne des exemples multiples mais non exhaustif. Enfin, elle montre que l’association de mots en soi vides de sens crée les plus belles associations comme dans un plat de grand chef.

Grâce à Françoise Héritier, les mots deviennent un mets fin rempli de délices sucrées.


Extrait choisi :

« Patron énervé et mauvais employé, adresse

Il va drôlement se faire tirer les oreilles. C’est quoi, ça ? ça n’est ni fait ni à faire, ça ne ressemble à rien. Qui est-ce qui m’a fichu un empoté pareil ? Il est aussi habile de ses dix doigts qu’un manche à balai. Ah ! il n’a pas inventé la poudre, ça se saurait ! A le voir, on croirait qu’il est tombé de la dernière pluie et qu’il n’aura jamais les yeux en face des trous. Rarement vu quelqu’un d’aussi lent de la comprenette. Bon Dieu ! Il faut que ça saute ! Au diable si je n’arrive pas à le faire danser plus vite que la musique !

J’ai sué sang et eau pour monter mon affaire, je ne laisserai pas des badernes me faire boire la tasse. Il ne sait pas ce que c’est que de mettre du cœur à l’ouvrage. Pour lui, c’est toujours la semaine des quatre jeudis. Ou alors il fait les choses en quatrième vitesse en se souciant comme d’une guigne du résultat. S’il continue de refuser de mettre du cœur à l’ouvrage, qu’il aille au diable ! Il va y avoir des pots cassés. Je vais lui balancer son paquet et l’envoyer se faire voir ailleurs, le virer comme le malpropre qu’il est.

Vous trouvez que j’ai la main lourde ? Mais c’est que j’ai une épée dans les reins. La concurrence, c’est une vraie foire d’empoigne. Et si je m’en laisse conter, je peux tirer un trait sur mon affaire.  » 


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