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Et tu n'es pas revenu, de Marceline Loridan-Ivens

Les NOEMES - Club littéraire

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18/02/2020

Chaque mardi, le club littéraire des NOEMES se propose de piquer votre curiosité autour d'un ouvrage, écrit par l'une des plumes de notre réseau, mais pas que...


Et tu n'es pas revenu, de Marceline Loridan-Ivens, aux éditions Grasset


Premier Roman Ouvrage AlumnusNouvelleAutre


Soixante-dix ans après, Marceline Loridan-Ivens raconte en 2015 la déportation qu’elle a vécu avec son père à Auschwitz-Birkenau : chacun dans une partie du camp. Ce récit expose avec des mots tout simples l’amour que son père lui a porté dans le malheur, jusqu’à se sacrifier pour tenter de sauver sa fille. Est-ce un exutoire ? probablement, mais il est si bien porté, avec une telle légèreté, que le lecteur s’approprie l’histoire de manière totalement naturelle. Si sur le plan historique, ce livre apporte peu, il permet de comprendre un peu plus ce que les victimes de l’holocauste ont pu ressentir, si difficilement exprimable qu’ils n’ont d’autre choix que de tenir leur expérience cachée pendant de nombreuses décennies.


Extrait choisi :

« Je ne porte plus ton nom et ça me manque. Mais je rajoute souvent, « née Rozenberg », ça veut dire rose de montagne ou montagne de roses, c’est très joli. Je porte les noms des hommes que j’ai épousés. Aucun n’était juif, ne m’en veux pas. Le premier s’appelait Francis Loridan, je l’ai rencontré alors que j’étais tombée de bicyclette sur le chemin du château, il m’a aidée à me relever et très vite nous nous sommes mariés. Il était ingénieur, rêvait de partir à l’étranger en espérant que je le suive, mais je n’avais pas envie de vivre dans ces pays colonisés où les chantiers recrutaient, pas envie d’être une épouse chez les maîtres blancs, pas envie de quitter Paris non plus. Il est parti à Madagascar, tandis que je me réparais dans le bouillon politique et culturel de Saint-Germain, j’enchaînais les petits boulots jusqu’au jour où j’ai trouvé un travail à la télévision. Je ne l’ai jamais rejoint, mais nous n’avons divorcé que bien longtemps après notre séparation, et j’ai gardé son nom car c’était devenu ma signature professionnelle. Je dois t’avouer que ça m’arrangeait, l’antisémitisme était encore très répandu après guerre, c’était plus facile de s’appeler Loridan que Rozenberg. Le second c’était Joris Ivens. Et je dois te parler de lui. »


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